Le Fil

 

L’histoire

Un garçon de huit ans arrive sur une toute petite île d’un archipel. C’est la première fois qu’il va passer l’été chez sa grand-mère. Il la connaît à peine. Tisserande, elle travaille le fil de bananier et trame des étoffes de grande qualité qu’elle expédie aux quatre coins du monde. Elle tient son savoir-faire de sa mère et de sa grand-mère. Au début peu familiers l’un avec l’autre, le garçon et sa grand-mère vont apprendre à se connaître et à s’apprivoiser.


Note d’intention (extraits)
par Bénédicte Guichardon

Récemment, j’ai découvert dans un documentaire l’histoire d’une tisserande japonaise. Elle m’a donné le point de départ de mon nouveau spectacle : Le Fil.
Dans le tissage, le décalage entre la rudesse de la matière première et la délicatesse de l’ouvrage me touche profondément. Dans sa tension vers une forme de perfection, je conçois cet artisanat comme un art..
Ce savoir-faire incomparable s’est transmis de génération en génération.
Le Fil est un spectacle qui questionne avec tendresse le thème de la transmission et de la filiation. Que reçoit-on de ses parents et de ses grands-parents ? Que laisse-t-on à ses enfants ? Quel est le fil ténu et essentiel qui relie les générations entre elles ? En choisissant de porter sur scène l’art du tissage, je tente de questionner aussi notre rapport au temps. Dans un monde qui ne cesse de s’accélérer, Le Fil renoue avec une certaine forme de lenteur, voire de contemplation.


Le Fil de Michiko

Mise en scène (extraits)
un voyage au japon

Dans un premier temps, il me semblait indispensable d’approcher la culture japonaise. Je me suis donc rendue au Japon en août 2018. Je suis allée à Osaka et Tokyo, curieuse de leur démesure et de leur ultra modernité. Je suis aussi allée à Kyoto pour visiter des ateliers de tissage. Je me suis rendue dans la montagne pour m’imprégner de la nature.
De retour en France, j’ai trouvé la théâtralité que je cherchais. Je ne souhaitais pas reproduire exactement ce que j’avais découvert au Japon. Je voulais l’interpréter et le réinventer.
J’ai commencé à chiner des objets. Certains proviennent du Japon, d’autres d’Inde, de France et d’ailleurs. En mêlant toutes ces cultures, la question de la transmission devenait pour moi universelle.
 

Scénographie

Scénographe et plasticienne, Odile Stemmelin travaille sur le motif du fil. Je suis son travail depuis plusieurs années. Elle et moi nourrissons notre regard d’œuvres contemporaines qui travaillent le fil.
L’ouvrage tissé de la vieille femme est fin et délicat. La scénographie est pensée à l’aune de son travail. Le fil en est la matière principale. Noué, tressé, tissé, il permet de créer des objets, des formes, une architecture.
La scénographie évoque de manière stylisée l’intérieur de la maison-atelier de la grand-mère et l’extérieur, la forêt.
 

Écriture au plateau

Les deux comédiens partent du synopsis et s’approprient les situations par des improvisations. L’écriture se fait sous ma direction, en partant du plateau et en collaboration avec David Braun qui assiste aux répétitions. L’histoire se réinvente et s’étoffe petit à petit.
Les deux comédiens sont également manipulateurs d’objets. Ils font atterrir un petit avion pour l’arrivée du garçon sur l’île. La route est figurée par une corde déroulée. Les fils de bananier deviennent des cheveux. Les objets marionnettiques nous offrent un vaste terrain de jeu. Ils contribuent à l’onirisme que je poursuis.
Le Fil comporte peu de dialogues. J’ai besoin de montrer plutôt que dire. Nous travaillons sur la retenue et la pudeur des sentiments.

 

Son

Sur l’île du Fil, nous avons créé un silence du bout du monde, loin des bruits de la ville. Une musique originale a été composée et enregistrée par Pierre Desprats. Les fils de la forêt sont des cordes vibrantes actionnées par les comédiens et le sol est équipé de capteurs sonores pour amplifier les pas des personnages. Pour la création lumières, j’ai choisi de travailler avec Jimmy Boury. Il a équipé la maison, la forêt et les différents tapis, de lumières autonomes.

 

Ecriture et mise en scène : Bénédicte Guichardon
Ecriture et collaboration artistique : David Braun
Interprétation et manipulation : Marie-Pascale Grenier – La grand-mère, Nathan Chouchana – le petit garçon
Scénographie : Odile Stemmelin
Accessoires : Bénédicte Guichardon
Création sonore : Pierre Desprats
Création lumière : Jimmy Boury
Création costumes : Haruka Nagai
Régie : Antoine Cadou
 
Production : Compagnie Le bel après-minuit
Coproduction : Théâtre André Malraux – Chevilly-Larue, Grange Dimière – Théâtre de Fresnes – ECAM, Le Kremlin-Bicêtre
Soutien :  Service Culturel d’Arcueil – Ferme de Bel Ebat – Théâtre de Guyancourt, Théâtre Jacques Carat – Cachan, Le Sax – Achères, Théâtre Roger Barat – Herblay, Espace Saint Exupéry – Franconville, ESAT Ménilmontant.